Je finis L’Autre Rive aujourd’hui.
Mon Erasmus se confond largement avec son écriture. Cette écriture a parfois pu se substituer au voyage lui-même. Maintenant, le contrat que je m’étais fixé est rempli. J’ai écrit régulièrement. Toutefois, j’ai éprouvé une grande difficulté à raconter à la première personne : qu’est-ce qui relève véritablement de la sphère privée, qu’est-ce qui demeure intéressant à évoquer ? Je n’ai pas trouvé la réponse pour le moment, et je la laisse donc ouverte pour de prochaines interventions, où, j’imagine, je continuerai de me débattre avec la difficulté d’écrire à partir de moi sans me mettre au centre, comme ce fut trop souvent le cas ici.
Que cherchait à faire L’Autre Rive ? Sûrement à saisir les premiers mois d’une transition d’un côté à l’autre du Rhin. Une transition qui, au moment où j’écris, est loin d’être achevée. Elle est d’abord culturelle et linguistique : découvrir un nouveau pays et une nouvelle langue. Elle est aussi personnelle et biographique, puisqu’elle remet en cause certains repères que je m’étais forgés en France. Et peut-être est-elle aussi une transition vers une vie plus pleinement adulte, maintenant que j’envisage plus précisément ce que je souhaite faire professionnellement et la voie que je veux prendre, c’est-à-dire continuer en master vers le professorat.
Je laisse donc aux hésitations du moment le témoignage d’une découverte non pas « de soi », mais d’une direction consciente, d’une période à la fois de rupture et de continuité avec ma vie clermontoise. J’aurai l’occasion de prolonger ailleurs la réflexion sur mon passage. Je ne trouve en effet plus grand-chose à dire sous ce format, dont le résultat ne me satisfait pas entièrement.
J’ai découvert le format du blog et j’en envisage à présent les possibilités, que L’Autre Rive ne peut plus contenir. Je ne désire pas faire un blog de voyage, sinon dans son sens métaphorique. J’envisage ainsi, dans le courant de l’année, la création non pas d’un blog de voyage, mais d’un véritable blog personnel plus durable, dont les matériaux seront plus diversifiés : morceaux de journaux, poésies, fragments, essais, entre autres… Un véritable atelier d’écriture. Je cherche à la fois quelque chose de plus personnel dans le fond, et de moins personnel dans la forme.
L’Autre Rive est un moment de ce cheminement, la première tentative pour moi d’écrire publiquement sur mon vécu. Son mérite est de m’avoir donné le goût de continuer, en un autre temps et en un autre lieu.
Désormais, je vais m’installer à Hambourg et commencer une nouvelle année, y préparer diligemment mon master parisien, dont j’appréhende déjà la difficulté.
À bientôt,
Adam